Elections 2018 : évaluation de la couverture média, en bref

 

L’évaluation qui vient d’être publiée par le CSA dresse la manière dont les médias ont appliqué le « Règlement élections » concernant le scrutin du 14 octobre 2018 et liste différents constats et points d’amélioration.

Les différents résultats de cette évaluation post élections serviront de base de discussion avec les éditeurs en vue des préparatifs du prochain scrutin de mai 2019 et permettront la future évaluation du Règlement élections en vigueur.

 

Quatre nouveaux points d’attention

 

Le Règlement « élections » du CSA adopté le 23 janvier 2018 intègre quatre nouveaux champs d’analyse dans ses obligations : la visibilité des « petits listes », la représentation équilibrée femmes-hommes, l’accessibilité des programmes et la production des contenus audiovisuels diffusés sur les réseaux sociaux.

 

Visibilité des « petites listes » bien suivie, surtout sur les TV locales

 

Dans l’ensemble, les radios et télévisions ont effectivement ouvert leurs débats à de plus « petites listes ».

 

Les télévisions locales ont particulièrement œuvré à la mise en avant d’un maximum de listes. Ainsi, à quelques exceptions près, les TV locales ont invité des représentant.e.s des nouvelles listes sur leurs plateaux. Le bilan très positif de la présence des « petites listes » dans la programmation des TVL est à souligner.

 

Même si un réel effort peut être constaté dans la présence des petites listes aux débats, des éditeurs dont la couverture est plus élargie ont eu plus de difficultés à intégrer systématiquement les plus petits partis.

 

Représentation équilibrée femmes-hommes sur la bonne voie

 

Même si l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes est loin d’être atteinte, l’évaluation a permis de constater une certaine féminisation des programmes concernant les élections. Les éditeurs peuvent être divisés en deux catégories : ceux pour qui cette égalité était une priorité et ceux qui y ont moins prêté attention.

Par exemple, certains éditeurs ont obligé les listes à proposer autant de candidats que de candidates sur le plateau, quitte à séparer le débat en plusieurs parties, afin d’avoir une parfaite égalité. Et d’un autre côté, une partie des éditeurs ont préféré faire intervenir des personnalités connues, quitte à avoir un plateau (presque) exclusivement masculin.

 

Accessibilité des programmes : tout reste à faire

 

C’est le grand point noir de l’évaluation. Très peu d’éditeurs ont prévu un dispositif spécifique pour rendre une partie de leurs programmes accessibles aux personnes sourdes et malentendantes.

La RTBF, grâce à sa chaîne « La Trois », a pu diffuser certains reportages du journal télévisé traduits en langue des signes. Cependant, selon nos constats, aucun des débats organisés par la RTBF n’a été traduit ou sous-titré.

RTL n’a pas non plus pris de mesures spécifiques pour assurer une accessibilité de ses programmes.

 

Contenus audiovisuels diffusés sur les réseaux sociaux

 

Aucune difficulté n’a été identifiée concernant l’’intégration progressive des réseaux sociaux dans le champ d’application du règlement « élections ».  Si certaines plaintes du public ont concerné des programmes diffusés sur ceux-ci, ces plaintes n’étaient pas en rapport avec le mode de distribution de ces programmes.

 

Les plaintes reçues au Secrétariat d’instruction

 

Pendant la période électorale courant du 14 juillet au 14 octobre 2018, le Secrétariat d’instruction du CSA a reçu 69 plaintes, pour un total de 23 dossiers ouverts. Un nombre en augmentation par rapport aux précédents scrutins (13 dossiers ouverts en 2012). Certains dossiers ont fait l’objet de plaintes multiples, ce qui explique leur nombre important.

 

Au vu de l’ouverture de débats électoraux à plus de participant.e.s et de la présence de plusieurs listes posant éventuellement question au regard du « cordon sanitaire médiatique », cette question est devenue une préoccupation importante des publics et des partis au cours du scrutin 2018 au côté d’autres thématiques, comme notamment l’organisation des débats électoraux et la visibilité des « petites listes ».

 

La plupart des plaintes ayant fait l’objet d’un rapport d’instruction présenté au Collège n’ont pas encore abouti à des décisions. Deux dossiers ont donné lieu à des notifications de griefs. Les décisions, dont certaines clarifieront la manière d’interpréter certains articles du règlement, seront communiquées dans les prochaines semaines.

 

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